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Pieter Claesz, Vanité, 1630. 

Willem Claeszoon Heda, Nature morte à la tarte au mûre, 1660. 

Rembrandt, Ronde de nuit, 1640. 

Rembrandt, Le christ sur la tempête du lac Galilée, 1633. 

Vermeer, L’astronome, 1668. 

Vermeer, La jeune fille à la perle, 1665. 

Franz Hals, Réunion des officiers et sous-officiers du corps des archers de Saint-Adrien, 1613. 

Van Honthorst, le Marieur, 1625. 

Dirk Van barburen, Le couronnement d’épines, 1623. 

Je propose de remonter un peu dans le temps, vers la peinture flamande, après l’impressionnisme de Caillebotte, l’art nouveau viennois et Mondrian ! 

La peinture du XVIIème siècle flamande, aussi appelée peinture du siècle d’or, correspond à une période fastueuse pour les Provinces Unies, à l’époque région dominante du monde. Braudel place ainsi à cette époque Amsterdam comme le centre européen de l’époque. Plus précisément le siècle d’or prend place entre les années 1623 et l’invasion française de 1672, par les armées de Louis XIV, marquant la fin de la domination des Provinces-Unies. Il est intéressant de noter que le XVIIème siècle est habituellement le siècle du baroque ( Rubens, Brueghel, Van Dyck, Caravage, le Bernin, le Lorrain, La Tour, Velasquez… ) touchant évidemment aussi les peintres flamands. Cependant cette peinture du siècle d’or va s’autonomiser par rapport à la mode dominante en Europe pour se singulariser, au delà de l’usage du clair-obscur que l’on sait dominant. Cette peinture est ainsi dépourvue d’idéalisation, des embellissements et des ornements baroques, tout en en partageant l’inquiétude et la noirceur, ce que l’on voit notamment par la présence de nombreuses vanités, comme chez Claesz et Heda mais aussi par des scènes christiques nombreuses, conséquences du Concile de Trente, dont Dirk Van Barburen est coutumier.

La tendance majeure de la peinture flamande est cela dit celle d’un réalisme froid, héritier de l’art primitif flamand. On remarque d’ailleurs que plus on remonte vers le nord de l’Europe, plus l’art suit cette tendance d’un réalisme froid, presque morbide. Ce que l’on remarque c’est la diversité des scènes, entre le paysage, les scènes maritimes, les portraits, les natures mortes, les scènes christiques, les peintures de genre, ce qui fait la richesse du genre flamand, qui n’hésite d’ailleurs pas à mélanger plusieurs de ces catégories dans un même tableau. 

D’un point de vue plus général j’apprécie cette période pour son esthétique noire, réaliste, en réaction contre les idéalisations baroques du sud de l’Europe, marquant une époque de révolutions multiples, à la fois économiques, sociales et religieuses. La noirceur et le réalisme de l’art flamand sont révélateurs d’un changement d’attitude et d’une inquiétude métaphysique allant de paire avec les grandes découvertes scientifiques du temps et la place de l’homme dans l’univers. La peinture est à la fois témoin et actrice de son époque. 

A noter que la postérité de cet art flamand sera tellement grande qu’elle écrasera malheureusement les artistes qui suivirent. Si l’on excepte Van Gogh qui est autant français que hollandais, aucun artiste hollandais n’accédera à la postérité comme les peintres de cette époque. 

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